Lumo : avis 2026 sur la plateforme rachetée par Enerfip
Par Manon Lemaire · Publié le · 16 min lecture
Sommaire de l'article
- TL;DR : l’essentiel en six points
- Lumo en 2026 : une marque, plus une plateforme
- Quatorze ans d’histoire : La Rochelle, Société Générale, puis Enerfip
- Ce que le rachat change concrètement pour un souscripteur
- Le calendrier de migration et ce qu’il faut surveiller
- Ce que Lumo finance : des obligations de sociétés de projet
- Les taux affichés et ce qu’ils recouvrent réellement
- Le marché ENR en 2026 : 358 millions d’euros pour 407 projets
- Les risques propres à une souscription via Lumo
- Fiscalité des gains perçus via Lumo
- Faut-il ouvrir un compte Lumo en août 2026 ?
- Trois erreurs fréquentes au sujet de Lumo
- Sources et références officielles
Lumo n’est plus une plateforme autonome. Depuis le rachat annoncé en novembre 2025, la marque appartient à Enerfip, qui l’exploite sous son propre agrément de prestataire de services de financement participatif. Le site reste en ligne, les projets continuent d’être proposés, les remboursements se poursuivent, mais la mention légale a changé : « Lumo est une marque commerciale d’Enerfip ». Tout avis rédigé avant cette date décrit une entité qui n’existe plus sous cette forme.
Cet article, rédigé par Manon Lemaire pour crowdialogue, fait le point sur ce que Lumo est devenue, sur ce que le rachat change pour un souscripteur déjà engagé, sur ce que la plateforme finance réellement, et sur les points à vérifier avant d’y placer le moindre euro. À jour au mois d’août 2026.
Avertissement : cet article a une visée strictement informative et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Le financement participatif comporte un risque de perte partielle ou totale du capital engagé ainsi qu’un risque d’illiquidité. Les rendements affichés sont des objectifs contractuels, jamais des garanties, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
TL;DR : l’essentiel en six points
- Lumo est une marque commerciale d’Enerfip depuis novembre 2025, rachetée au groupe Société Générale, son actionnaire précédent.
- L’agrément à vérifier n’est plus au nom de Lumo mais au nom d’Enerfip SAS, numéro FP-2022-2, délivré par l’Autorité des marchés financiers le 6 décembre 2022.
- Les investissements en cours ne sont pas affectés par l’opération : les remboursements suivent les termes contractuels signés avant le rachat.
- La migration des comptes vers Enerfip a été repoussée du mois de mars 2026 au dernier trimestre 2026, après quoi la plateforme Lumo ne sera plus accessible.
- Le véhicule reste l’obligation émise par une société de projet bas carbone, avec des taux affichés de 6 à 9,5 pour cent bruts sur des durées de dix-huit à soixante mois.
- Le segment ENR a collecté 358 millions d’euros en France en 2025 pour 407 projets, soit un peu plus de 20 pour cent du financement participatif national.
Lumo en 2026 : une marque, plus une plateforme
La réponse directe tient en une phrase : Lumo continue d’exister comme site et comme catalogue de projets, mais l’entité qui vous fait souscrire, encaisse vos fonds et vous doit une information précontractuelle s’appelle désormais Enerfip.
La page d’accueil du site l’énonce sans détour : « Lumo est désormais une marque commerciale d’Enerfip, au service de l’investissement responsable citoyen ». Cette formulation n’a rien de cosmétique. Elle signifie que la relation contractuelle, le traitement des réclamations, la conservation des titres et l’obligation de conseil relèvent d’Enerfip SAS et de son agrément. Un souscripteur qui vérifie le statut de « Lumo » dans un registre officiel ne trouvera pas de fiche autonome à jour, ce qui déroute légitimement.
La confirmation se lit sur la fiche Enerfip SAS de la liste blanche des prestataires de services de financement participatif tenue par l’AMF : l’agrément porte le numéro FP-2022-2, il a été délivré le 6 décembre 2022, et la fiche mentionne explicitement « Enerfip - Lumo » au titre des marques commerciales. Les services couverts incluent le placement sans engagement ferme de valeurs mobilières, la réception et la transmission d’ordres de clients, puis la facilitation de l’octroi de prêts ajoutée le 17 juin 2024.
C’est ce raisonnement qu’il faut appliquer à toute marque de financement participatif : la question utile n’est pas « cette plateforme est-elle sérieuse », mais « sous quel agrément et sous quelle entité juridique opère-t-elle aujourd’hui ». Notre guide sur la manière de vérifier l’agrément PSFP d’une plateforme détaille la démarche pas à pas.
Quatorze ans d’histoire : La Rochelle, Société Générale, puis Enerfip
Comprendre le positionnement actuel de Lumo suppose de connaître ses trois vies successives, chacune ayant laissé une trace dans son catalogue de projets.
La plateforme a été fondée à La Rochelle en 2012 par Marie Pons et Alexandre Raguet, à une époque où le financement participatif français n’était encore encadré par aucun statut spécifique : l’ordonnance de mai 2014 créant les intermédiaires en financement participatif et les conseillers en investissements participatifs n’existait pas. Lumo appartient donc à la première génération d’acteurs, celle qui a opéré avant la construction du cadre juridique décrit dans notre analyse de l’ordonnance 2014-559 et de l’article L548 du code monétaire.
En juin 2018, Lumo intègre le groupe Société Générale. Cette période a durablement façonné son image : adossement bancaire, communication institutionnelle, positionnement citoyen appuyé, sélection prudente. Beaucoup d’avis encore en ligne datent de cette phase et décrivent une plateforme « filiale de banque », argument qui ne tient plus.
En novembre 2025, la bascule s’opère. Enerfip rachète Lumo au groupe Société Générale, dans ce qui constitue sa première opération de croissance externe. La page officielle d’Enerfip consacrée à l’acquisition de Lumo précise l’ambition : Enerfip revendique plus de 750 millions d’euros financés, plus de 600 projets et plus de 60 000 investisseurs, et estime représenter plus de 50 pour cent de son marché domestique après l’opération.
Le bilan cumulé de Lumo, tel que la plateforme le publie sur sa page de présentation, s’établit à 230 millions d’euros investis, 32 000 utilisateurs et 165 installations financées en photovoltaïque, hydroélectricité, éolien et géothermie, pour une production annuelle bas carbone de 276 gigawattheures.
Ce que le rachat change concrètement pour un souscripteur
Réponse directe : rien sur vos contrats en cours, beaucoup sur votre interface et sur l’interlocuteur à qui vous vous adresserez en cas de difficulté.
Sur le volet contractuel, la position d’Enerfip est explicite : l’opération n’a pas d’impact sur les investissements en cours ni sur les remboursements à venir, qui continueront d’être effectués selon les termes et conditions prévus. Une obligation souscrite en 2023 auprès d’une société de projet garde son taux, son échéancier et son émetteur. Le changement d’actionnaire de la plateforme ne modifie pas le titre que vous détenez, parce que la plateforme n’a jamais été votre débitrice : votre créance porte sur la société de projet, pas sur l’intermédiaire.
Sur le volet opérationnel, en revanche, trois conséquences méritent d’être anticipées.
Le compte change de maison. À terme, votre espace personnel, votre historique de souscriptions et votre suivi de remboursements basculeront sur l’infrastructure Enerfip. Une revérification d’identité peut être demandée à cette occasion, les obligations de connaissance client relevant de l’entité agréée.
Le catalogue se recompose. Enerfip et Lumo adressaient des segments proches mais avec des profils distincts, l’un généraliste et volumique, l’autre plus resserré et orienté impact citoyen. La fusion des flux de projets modifie mécaniquement la nature des offres qui vous seront proposées.
Le point de comparaison disparaît. Un investisseur qui répartissait délibérément son capital entre Enerfip et Lumo pour diversifier ses intermédiaires se retrouve, sans avoir rien fait, concentré sur un seul opérateur. C’est un effet rarement anticipé, que nous détaillons dans notre article sur la diversification et le nombre de projets en portefeuille.
Le calendrier de migration et ce qu’il faut surveiller
La migration devait initialement intervenir en mars 2026. Elle a été repoussée au dernier trimestre 2026. Entre novembre 2025 et octobre 2026, l’accès à la plateforme Lumo est maintenu ; après la bascule, le site ne sera plus accessible.
Ce report de deux trimestres n’a rien d’alarmant en soi. Fusionner deux bases clients soumises aux obligations de lutte contre le blanchiment, deux référentiels de titres et deux historiques de flux de remboursement est un chantier lourd, et le faire vite est rarement une bonne idée. Il impose toutefois une hygiène simple à qui détient des positions.
Avant la bascule, téléchargez et conservez hors de la plateforme l’ensemble de vos documents : bulletins de souscription, documents d’information clés sur l’investissement, échéanciers, et surtout les imprimés fiscaux uniques des années passées. Reconstituer a posteriori un historique fiscal auprès d’un service client en pleine réorganisation coûte du temps. Notez également les coordonnées de réclamation en vigueur : en cas de litige, le point d’entrée relève désormais d’Enerfip, et le recours ultérieur au médiateur de l’AMF suppose d’avoir d’abord saisi le professionnel par écrit.
Ce que Lumo finance : des obligations de sociétés de projet
Réponse directe : dans l’immense majorité des cas, vous souscrivez une obligation émise par une société de projet dédiée à une installation de production d’énergie bas carbone, ce qui fait de vous un créancier et non un associé.
La page des projets de la plateforme permet de le vérifier offre par offre. À la mi-août 2026, les collectes ouvertes portaient par exemple sur une centrale photovoltaïque rémunérée 7 pour cent bruts sur trois ans, sur un second projet solaire à 8,5 pour cent sur trente-trois mois, et sur une opération à 9 pour cent sur trois ans. Les collectes déjà bouclées s’échelonnaient de 6 à 9,5 pour cent bruts, sur des durées de dix-huit à soixante mois. Le type de titre indiqué pour chacune de ces offres est bien l’obligation.
Cette position de créancier a une conséquence précise dans la structure de financement d’un parc. Une banque apporte généralement l’essentiel du montant sous forme de dette senior amortissable, adossée aux revenus futurs de l’installation, et le développeur couvre le solde en fonds propres ou en quasi-fonds propres. C’est sur cette tranche que la collecte participative intervient : vous êtes remboursé après la banque et avant les actionnaires. Ce rang intermédiaire explique à la fois le niveau des taux proposés et la sévérité de la perte en cas de difficulté. Notre guide général sur le crowdfunding ENR et les énergies renouvelables développe cette mécanique.
Le stade du projet compte davantage que la technologie. Une obligation qui finance des études, des mesures de gisement et des demandes de raccordement porte un risque sans commune mesure avec le refinancement d’une centrale déjà raccordée qui facture son électricité. Les deux peuvent afficher des taux voisins. Le document d’information clé identifie ce stade, la page commerciale rarement.
Les taux affichés et ce qu’ils recouvrent réellement
Un taux de 8,5 pour cent bruts sur trente-trois mois ne signifie pas que vous percevrez 8,5 pour cent par an sur la totalité du capital que vous aviez décidé de consacrer au financement participatif. Trois écarts creusent la différence entre le chiffre affiché et le résultat réel.
Le premier est fiscal. Les intérêts obligataires subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 pour cent, prélevé à la source. Un taux facial de 8,5 pour cent revient à 5,95 pour cent nets pour un contribuable au régime par défaut. Aucun avantage fiscal spécifique n’est attaché au caractère renouvelable du projet, contrairement à une idée répandue.
Le deuxième est temporel. Entre le moment où vous virez les fonds et celui où la collecte est close, puis entre un remboursement et votre réinvestissement suivant, votre argent ne produit rien. Sur un cycle de trois ans, quelques semaines de latence à chaque extrémité amputent le rendement annualisé effectif de plusieurs dizaines de points de base. Notre méthode de calcul du taux de rendement réel en crowdlending chiffre cet effet.
Le troisième est le risque de crédit lui-même. Un portefeuille de dix lignes à 8 pour cent dont une fait défaut sans aucun recouvrement ne rapporte pas 8 pour cent : il perd de l’argent. C’est l’arithmétique la plus contre-intuitive du financement participatif, et celle qui explique pourquoi la comparaison entre plateformes sur le seul taux moyen affiché n’a guère de sens. Les rendements et la fiscalité propres aux projets verts obéissent exactement aux mêmes règles que le reste du secteur.
Le marché ENR en 2026 : 358 millions d’euros pour 407 projets
Réponse directe : le segment des énergies renouvelables reste minoritaire dans le financement participatif français, mais c’est le seul qui progresse à la fois en montant et en nombre d’opérations.
Selon le baromètre 2025 du crowdfunding en France publié par France FinTech et Forvis Mazars, le segment ENR a collecté 358 millions d’euros en 2025, en hausse de 2 pour cent, pour 407 projets financés, soit une progression de 31 pour cent du nombre d’opérations. Le financement participatif français dans son ensemble a collecté 1 763 millions d’euros, ce qui place l’ENR à un peu plus de 20 pour cent du total. Sur la même période, le crowdfunding immobilier reculait légèrement, à 845 millions d’euros pour 1 004 projets, contre 861 millions d’euros et 1 139 projets un an plus tôt.
Deux enseignements en découlent pour qui évalue Lumo. La taille moyenne d’une collecte ENR ressort autour de 880 000 euros, très en deçà des tickets de la promotion immobilière : les projets sont plus nombreux et plus petits, ce qui facilite la diversification mais démultiplie le travail de sélection. Et la croissance du nombre d’opérations, bien supérieure à celle des montants, indique un marché qui s’atomise. La consolidation entre acteurs y devient une conséquence attendue, et le rachat de Lumo par Enerfip s’y inscrit directement. Notre comparatif historique d’Enerfip, Lendosphere et Lumo documente la situation antérieure à cette recomposition.
Les risques propres à une souscription via Lumo
Aucun risque n’est spécifique à la marque. Ils tiennent au véhicule, au sous-jacent et au cadre.
Le risque de crédit de la société de projet. Vous prêtez à une structure ad hoc, souvent sans historique, dont l’actif unique est l’installation à construire ou à exploiter. Si elle ne rembourse pas, votre recours porte sur cette société et sur ses éventuelles sûretés, pas sur la plateforme et pas sur le groupe qui la détient. L’adossement d’Enerfip à un actionnariat solide ne sécurise pas davantage vos créances que ne le faisait l’adossement précédent à un groupe bancaire.
Le risque de calendrier. C’est le risque dominant du secteur ENR, et le plus sous-estimé. Un raccordement au réseau qui prend douze mois de plus que prévu, un recours contentieux contre une autorisation d’urbanisme, un surcoût de construction : chacun décale la mise en service, donc les flux de trésorerie, donc votre remboursement. Un contrat de complément de rémunération de vingt ans sécurise le prix de vente de l’électricité, jamais le service de la dette.
L’illiquidité. Les obligations souscrites ne se revendent pas librement. Le marché secondaire du financement participatif reste embryonnaire en France, comme nous l’exposons dans notre analyse du marché secondaire et de la revente de parts. Considérez les fonds engagés comme immobilisés jusqu’à l’échéance, prorogations comprises.
Le risque de concentration involontaire. Point propre à la situation de 2026 : un portefeuille construit sur deux marques désormais réunies expose à un seul processus de sélection, à une seule équipe d’analyse crédit et à un seul vivier de porteurs de projets. Recalculer son exposition réelle par intermédiaire est un exercice utile cette année.
Le risque de confusion entre impact et sécurité. Un méthaniseur qui évite des émissions et qui fait défaut fait perdre exactement le même capital qu’une opération dépourvue de toute vertu écologique. L’utilité environnementale et la qualité de crédit s’évaluent séparément, avec des outils différents. C’est le point que nous rappelons systématiquement au sujet du financement citoyen des énergies renouvelables.
Fiscalité des gains perçus via Lumo
Les intérêts obligataires relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 pour cent, soit 12,8 pour cent d’impôt sur le revenu et 17,2 pour cent de prélèvements sociaux, prélevés à la source par l’établissement payeur. Aucune spécificité ne s’attache au caractère renouvelable du projet financé.
L’option globale pour le barème progressif, exercée lors de la déclaration annuelle, s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer et non au seul financement participatif. Elle n’est favorable que dans les tranches marginales basses, et son caractère global la rend rarement pertinente pour un contribuable qui perçoit par ailleurs des dividendes. L’arbitrage complet figure dans notre guide sur la fiscalité des intérêts de crowdlending entre PFU et barème.
Une souscription en capital dans une société de projet peut, dans certains montages, ouvrir droit à une réduction au titre du dispositif IR-PME, sous conditions strictes. Ce cas reste marginal sur les offres ENR, très majoritairement obligataires : ne construisez jamais une décision sur l’attente d’un avantage fiscal dont l’éligibilité n’est pas confirmée par écrit dans la documentation de l’offre.
Faut-il ouvrir un compte Lumo en août 2026 ?
La question mérite d’être reformulée. Ouvrir un compte « Lumo » aujourd’hui revient à entrer en relation avec Enerfip par une porte qui fermera au dernier trimestre 2026. Pour un nouvel entrant, l’inscription directe sur l’entité destinataire évite une migration inutile quelques mois plus tard.
Pour qui détient déjà des positions, l’arbitrage est différent : il n’y a rien à faire dans l’urgence, sinon archiver ses documents et suivre les communications relatives à la bascule. Souscrire de nouvelles offres pendant la période de transition reste possible, à condition d’appliquer la même grille d’analyse qu’à n’importe quelle autre offre du marché.
Les critères qui décident réellement de la qualité d’une souscription sont ailleurs que dans la marque : le stade du projet, l’ordre de remboursement, la réalité des sûretés, la solidité du porteur, la cohérence entre le taux proposé et le risque assumé. Notre méthode pour choisir une plateforme de crowdfunding reste applicable, à ceci près qu’elle doit désormais s’exercer au niveau de l’entité agréée et non de l’enseigne commerciale.
Rappel réglementaire utile : le règlement européen sur le financement participatif accorde aux investisseurs non avertis un délai de réflexion précontractuel pendant lequel une souscription peut être révoquée sans pénalité ni justification. Utilisez-le pour relire le document d’information clé à froid.
Trois erreurs fréquentes au sujet de Lumo
Croire que l’adossement à un grand groupe garantit les remboursements. Ni Société Générale hier, ni Enerfip aujourd’hui ne se portent caution des sociétés de projet financées. La solidité de l’intermédiaire réduit le risque opérationnel, celui de voir la plateforme cesser son activité ou mal gérer les flux. Elle ne réduit en rien le risque de crédit, qui est le risque principal.
Se fier à un avis publié avant novembre 2025. L’écrasante majorité des comparatifs encore référencés décrivent Lumo comme une filiale bancaire indépendante d’Enerfip, et recommandent parfois de répartir son capital entre les deux pour diversifier. Ce conseil est devenu contre-productif.
Confondre la note d’une plateforme et la qualité d’un projet. Les agrégateurs publient des notes moyennes et des taux de défaut par plateforme, calculés sur des périmètres et des méthodes hétérogènes, souvent sur des portefeuilles jeunes. Ces indicateurs se comparent mal entre eux et ne disent rien de l’offre que vous vous apprêtez à souscrire. La lecture du dossier reste irremplaçable, comme le montre notre baromètre des taux de défaut du crowdfunding.
Sources et références officielles
- Fiche Enerfip SAS, liste blanche des prestataires de services de financement participatif, AMF, numéro d’agrément FP-2022-2 du 6 décembre 2022 et marques commerciales déclarées
- Acquisition de Lumo par Enerfip, communication officielle, calendrier de migration et effet sur les investissements en cours
- Baromètre 2025 du crowdfunding en France, France FinTech et Forvis Mazars, collecte et nombre de projets par segment
- Présentation et chiffres cumulés de Lumo, historique, montants investis et installations financées
- Projets proposés sur Lumo, taux, durées et nature des titres offerts
- Règlement UE 2020/1503 sur le financement participatif, cadre applicable aux prestataires de services de financement participatif
- Registre européen des prestataires de services de financement participatif, ESMA, vérification transfrontalière d’un agrément
- AMF, financement participatif, repères pour les épargnants
- Baromètre du crowdfunding, Financement Participatif France, séries historiques du marché français
Note de la rédaction : cet article présente l’état du marché et du droit au mois d’août 2026. Avant tout engagement, vérifiez l’agrément de la plateforme auprès de l’AMF et de l’ESMA.
Questions fréquentes
Lumo existe-t-elle encore en 2026 ?
Le site et la marque existent toujours, mais Lumo n'est plus une société de financement participatif autonome. Depuis le rachat annoncé en novembre 2025, il s'agit d'une marque commerciale exploitée par Enerfip, qui opère sous son propre agrément de prestataire de services de financement participatif. La plateforme Lumo restera accessible jusqu'au dernier trimestre 2026, date à laquelle les comptes seront migrés vers Enerfip et le site fermé.
Qui a racheté Lumo et quand ?
Enerfip a acquis Lumo auprès du groupe Société Générale, opération annoncée en novembre 2025. Il s'agit de la première croissance externe d'Enerfip, qui revendique plus de 750 millions d'euros financés et plus de 60 000 investisseurs après l'opération. Lumo avait été fondée à La Rochelle en 2012 par Marie Pons et Alexandre Raguet, avant d'intégrer Société Générale en juin 2018.
Mes investissements en cours sur Lumo sont-ils affectés ?
Non. Enerfip indique que l'opération n'a pas d'impact sur les investissements en cours ni sur les remboursements à venir, qui continuent d'être effectués selon les termes et conditions prévus. La raison est structurelle : votre créance porte sur la société de projet émettrice de l'obligation, pas sur la plateforme intermédiaire. Un changement d'actionnaire de l'intermédiaire ne modifie ni le taux, ni l'échéancier, ni l'identité du débiteur.
Sous quel agrément Lumo opère-t-elle ?
Sous l'agrément d'Enerfip SAS, numéro FP-2022-2, délivré par l'Autorité des marchés financiers le 6 décembre 2022 en application du règlement européen 2020/1503, méthode détaillée dans notre guide de vérification d'un agrément PSFP. La fiche de la liste blanche de l'AMF mentionne « Enerfip - Lumo » comme marques commerciales. Chercher une inscription autonome au nom de Lumo dans un registre officiel ne donne donc plus de résultat pertinent.
Quels sont les taux proposés sur Lumo ?
Les offres publiées à la mi-août 2026 affichaient des taux bruts de 7 à 9 pour cent annuels sur des durées de trente-trois mois à trois ans, et les collectes déjà bouclées s'échelonnaient de 6 à 9,5 pour cent sur dix-huit à soixante mois. Ces taux sont des objectifs contractuels bruts avant fiscalité : après le prélèvement forfaitaire unique de 30 pour cent, un taux facial de 8 pour cent revient à 5,6 pour cent nets, et le rendement réel dépend en outre des retards éventuels et des périodes où le capital n'est pas investi.
Peut-on revendre ses obligations avant l'échéance ?
En pratique, non. Les obligations émises par les sociétés de projet financées en crowdfunding ne bénéficient pas d'un marché secondaire liquide en France, et les dispositifs de mise en relation existants ne garantissent ni l'acheteur ni le prix. Les fonds doivent être considérés comme immobilisés jusqu'à l'échéance contractuelle, prorogations comprises, ce qui exclut d'y placer une épargne de précaution.
Le rachat par Enerfip réduit-il mon risque ?
Non, il le déplace. La solidité de l'intermédiaire réduit le risque opérationnel, c'est-à-dire la probabilité que la plateforme cesse son activité ou gère mal les flux de remboursement. Elle ne touche pas au risque de crédit des sociétés de projet, qui reste le risque principal et peut entraîner une perte partielle ou totale du capital. Le rachat crée en revanche une concentration involontaire sur un seul intermédiaire chez les investisseurs qui répartissaient auparavant leur capital entre Enerfip et Lumo.
Rédactrice spécialisée investissement participatif
Manon Lemaire rédige les analyses de Crowdialogue sur le financement participatif : crowdfunding immobilier, prêt rémunéré, royalties, risques et fiscalité. Elle s'appuie sur la réglementation AMF/PSFP et les données publiques des plateformes pour décrypter les offres sans conseil en investissement.
Information éditoriale. Crowdialogue est un média indépendant. Nous n'exerçons pas d'activité de conseil en investissement et ne distribuons pas de produits financiers. Les informations publiées ont une valeur strictement informative. Avant tout investissement, consultez un conseiller agréé par l'AMF (Autorité des marchés financiers) ou l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
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