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Crowdfunding immobilier

Comment investir en crowdfunding immobilier quand on débute

Par Manon Lemaire · Publié le · 17 min lecture

Sommaire de l'article
  1. TL;DR : ce qu’il faut retenir avant d’investir
  2. Crowdfunding immobilier : la définition simple
  3. Le cadre réglementaire 2026 : ce que change le statut PSFP
  4. Les risques réels : ce que vous devez accepter avant de souscrire
  5. Le rendement réaliste : ce que vous pouvez espérer en net
  6. Les plateformes leaders en 2026 : panorama des acteurs
  7. Comment démarrer en 5 étapes concrètes
  8. 7 critères pour sélectionner un projet immobilier
  9. Fiscalité du crowdfunding immobilier : PFU, option barème et IFI
  10. Les erreurs classiques des débutants à éviter
  11. Sources et références officielles

Le crowdfunding immobilier a basculé en 2026 dans l’âge adulte. Selon le baromètre publié par Financement Participatif France, la collecte annuelle a frôlé 1,2 milliard d’euros sur le segment immobilier en 2024, après un repli notable lié au cycle du marché de la promotion. Le secteur attire chaque année plusieurs dizaines de milliers de nouveaux investisseurs particuliers attirés par des rendements affichés entre 8 et 12 % par an, sur des durées courtes de 12 à 24 mois.

Mais derrière ces chiffres séduisants, le crowdfunding immobilier reste une classe d’actifs risquée, encadrée par un règlement européen exigeant et marquée par des taux de défaut sectoriels qui ont franchi 7 % en 2024 selon les principaux observateurs du marché. Avant de souscrire votre première obligation, il vous faut comprendre la mécanique réelle, le cadre légal, les risques effectifs et la méthode pour bâtir un portefeuille équilibré.

Ce guide pratique vous accompagne pas à pas, depuis l’évaluation de votre épargne de précaution jusqu’à la déclaration fiscale annuelle. Il s’adresse aux investisseurs débutants qui veulent comprendre avant d’engager le moindre euro.

Avertissement préalable : investir en crowdfunding immobilier comporte un risque de perte partielle ou totale du capital. Les rendements cibles affichés ne constituent pas une garantie. Cet article est strictement informatif. Avant tout investissement, consultez un conseiller agréé par l’AMF.

TL;DR : ce qu’il faut retenir avant d’investir

Le crowdfunding immobilier vous permet de prêter à des promoteurs en échange d’un rendement annuel cible de 8 à 12 % sur 12 à 24 mois. Toutes les plateformes opérant en France doivent disposer de l’agrément européen PSFP délivré par l’AMF. Le risque principal reste le défaut du promoteur, avec un taux sectoriel d’environ 7 % en 2024. La diversification (au minimum 15 à 20 projets) et la sélection rigoureuse des dossiers conditionnent votre performance nette. Les intérêts perçus sont fiscalisés au PFU de 30 %. Vous ne devez investir que de l’argent dont vous n’avez pas besoin avant l’échéance, après avoir constitué une épargne de précaution équivalente à 3 à 6 mois de dépenses.

Crowdfunding immobilier : la définition simple

Le crowdfunding immobilier, ou financement participatif immobilier, désigne un mécanisme par lequel des investisseurs particuliers prêtent collectivement de l’argent à un opérateur immobilier (promoteur, marchand de biens, foncière) via une plateforme en ligne agréée. Le rendement provient des intérêts versés par l’opérateur à l’échéance du projet.

Deux structures juridiques principales coexistent en France.

Le prêt sous forme d’obligation. C’est la forme largement dominante en France en 2026. Le promoteur émet des obligations (titres de créance) que vous souscrivez via la plateforme. À l’échéance (12 à 24 mois standard), il vous rembourse le capital majoré des intérêts contractuels. Cette structure offre un revenu fixe, prévisible, et un statut de créancier en cas de difficulté.

L’investissement en equity. Plus rare en crowdfunding immobilier strict, ce modèle vous fait acquérir des parts (actions) d’une société porteuse d’un actif immobilier. Votre rendement provient des loyers perçus et de l’éventuelle plus-value à la revente. Le risque est plus élevé (vous êtes actionnaire, pas créancier) mais le potentiel de rendement long terme peut l’être aussi.

La grande majorité des opérations grand public que vous rencontrerez sur Homunity, ClubFunding, Anaxago ou Raizers sont des obligations. Bricks, avec son modèle de tokenisation d’actifs locatifs, fait figure d’exception.

Le cadre réglementaire 2026 : ce que change le statut PSFP

Depuis le 10 novembre 2023, toutes les plateformes commercialisant du crowdfunding en France doivent disposer de l’agrément PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif), délivré par l’AMF avec avis de l’ACPR. Cet agrément découle du règlement européen UE 2020/1503, entré en vigueur le 10 novembre 2021 avec une période transitoire qui s’est achevée fin 2023.

Concrètement, le statut PSFP impose aux plateformes :

  • une séparation stricte des fonds clients, via un prestataire de paiement tiers, pour vous protéger en cas de faillite de la plateforme ;
  • la publication, pour chaque offre, d’une Fiche d’Informations Clés sur l’Investissement (FIC) standardisée au niveau européen, détaillant le projet, les risques, les frais et les modalités de remboursement ;
  • un test de connaissance obligatoire à l’inscription, permettant de vérifier que vous comprenez les risques avant d’investir ;
  • une période de réflexion de 4 jours calendaires pendant laquelle un investisseur non averti peut annuler son engagement sans justification ;
  • un plafond de 1 000 euros par offre ou 5 % du patrimoine net pour les investisseurs non avertis (avec mécanisme de déclaration sur l’honneur).

Avant de créer un compte sur une plateforme, vérifiez systématiquement son agrément actif sur le registre AMF des professionnels autorisés ou sur le registre central ESMA. Pour aller plus loin, lisez notre décodage complet du règlement PSFP.

L’agrément PSFP ne garantit ni le rendement ni le remboursement. Il certifie uniquement la conformité de la plateforme à un socle réglementaire harmonisé. Le risque de défaut du promoteur reste entier et porté par vous, investisseur.

Les risques réels : ce que vous devez accepter avant de souscrire

Les communications commerciales des plateformes mettent en avant les rendements cibles. Une démarche prudente commence par l’inverse : quantifier les risques que vous acceptez de porter.

Le risque de défaut. C’est le risque principal. Si le promoteur est incapable de rembourser à l’échéance (faillite, redressement judiciaire, invendus massifs), vous perdez tout ou partie de votre capital. Les baromètres sectoriels publiés en 2024 par Mazars et HelloCrowdfunding ont rapporté un taux de défaut moyen autour de 7 %, en hausse significative par rapport aux années 2020 à 2022 (1 à 3 %). Le cycle du marché immobilier français, combiné à la remontée des taux, a fragilisé une partie des promoteurs.

Le risque de retard. Avant même le défaut, 30 à 40 % des projets connaissent des retards de 6 à 12 mois selon les plateformes. Un retard immobilise votre capital plus longtemps que prévu et dilue votre rendement annualisé. Les retards peuvent prendre la forme de prorogations contractuelles (votées par l’assemblée des obligataires) ou de retards techniques sans accord formel.

Le risque de marché. La valeur des biens en cours de promotion dépend du marché local. Une correction des prix immobiliers ou un ralentissement de la commercialisation peut compromettre la rentabilité d’un projet, même bien monté à l’origine. Le marché français a connu un ralentissement notable en 2023 à 2024 qui a touché certains projets.

Le risque d’illiquidité. Une fois souscrite, votre obligation est immobilisée jusqu’à l’échéance. Le marché secondaire est embryonnaire sur la plupart des plateformes. Vous ne pouvez pas récupérer votre argent en cas d’imprévu personnel (sauf à céder à un autre investisseur si la plateforme propose ce service, et souvent avec une décote).

Le risque plateforme. Une plateforme peut elle-même rencontrer des difficultés opérationnelles ou financières. L’agrément PSFP impose une séparation des fonds clients, mais la gestion du recouvrement en cas de défaut promoteur dépend de la qualité de la plateforme.

Le rendement réaliste : ce que vous pouvez espérer en net

Les rendements cibles affichés par les plateformes oscillent entre 8 et 12 % par an. Sur la décennie 2014 à 2023, le TRI net moyen tous projets confondus a tourné autour de 8 à 9 % par an selon les principaux observateurs. Mais cette moyenne masque une dispersion importante.

Pour passer du rendement brut affiché au rendement net dans votre poche, vous devez intégrer trois filtres successifs.

Filtre 1 : les défauts et pertes en capital. Un portefeuille bien diversifié de 20 projets, dans un contexte de marché normal, peut subir 1 à 2 défauts complets sur la durée. Si chaque défaut représente 5 % du capital, la perte brute amortie sur le portefeuille est de 5 à 10 %. Avec un rendement brut moyen de 9 %, vous tombez à 4 à 8 % de rendement réel avant fiscalité.

Filtre 2 : la fiscalité. Les intérêts sont fiscalisés au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Sur un rendement réel de 6 % brut de fiscalité, vous percevez environ 4,2 % net.

Filtre 3 : les retards. Un retard de 6 mois sur un projet de 18 mois dilue le rendement annualisé. Un projet qui rapporte 10 % sur 18 mois nominal mais qui prend 24 mois en réalité ne rapporte plus que 7,5 % annualisé sur la durée effective.

Conclusion réaliste : visez 4 à 6 % par an net de défauts et de fiscalité sur un portefeuille bien construit. C’est attractif comparé au Livret A (3 % brut, équivalent net) ou à un fonds euros classique (2,5 à 3,5 %), mais bien en deçà des 10 % affichés dans les communications. Pour creuser le calcul, consultez les chiffres et tendances 2025 du marché français.

Les plateformes leaders en 2026 : panorama des acteurs

Voici les principales plateformes agréées PSFP que vous rencontrerez en démarrant. Cette liste est indicative et n’a aucune valeur de recommandation. Vérifiez chaque agrément sur le registre AMF avant de créer un compte.

Anaxago. Plateforme multi-actifs créée en 2012, agréée PSFP par l’AMF. Compartiment immobilier dédié, ticket minimum 1 000 euros, rendements cibles 8 à 11 %. Documentation soignée (FIC détaillée, notes d’analyse), positionnement haut de gamme avec opérations de taille significative. Permet une diversification crowdequity en complément.

ClubFunding. Spécialiste des opérations courtes (6 à 18 mois), agréée PSFP. Ticket minimum 500 euros, rendements cibles 9 à 12 %. Forte exposition aux marchands de biens et opérations de réhabilitation. Taux de remboursement historiquement parmi les meilleurs du marché, transparence sur les statistiques publiées.

Homunity. Pionnier français du crowdfunding immobilier (2014), agréée PSFP. Ticket minimum 1 000 euros, rendements cibles 8 à 10 %. Forte concentration sur la promotion résidentielle dans les grandes métropoles. Publie ses taux de défaut et retards.

Wiseed. Plateforme historique (2008) agréée PSFP, multi-actifs avec compartiment immobilier. Ticket minimum 100 euros sur l’immobilier (parmi les plus accessibles), rendements cibles 8 à 10 %. Approche prudente avec sélection rigoureuse.

LaPremiereBrique. Plateforme plus récente, agréée PSFP, spécialisée sur les opérations marchands de biens et la réhabilitation. Ticket minimum 1 000 euros, rendements cibles 9 à 11 %. Sélection axée sur des projets de petite à moyenne taille avec promoteurs régionaux.

Raizers. Plateforme agréée PSFP avec dimension communautaire (échanges entre investisseurs). Ticket minimum 1 000 euros, rendements cibles 8 à 12 %. Système de notation interne des promoteurs, exposition diversifiée géographiquement.

Pour une analyse plus détaillée des plateformes leaders, consultez notre analyse comparée crowdfunding immobilier 2026. Si vous envisagez de combiner crowdfunding et investissement en actions de PME, lisez aussi notre comparatif Tudigo, Anaxago et Wesharebonds.

Comment démarrer en 5 étapes concrètes

Une démarche structurée vous évite les erreurs les plus coûteuses. Voici la séquence à suivre, dans l’ordre.

Étape 1 : valider votre épargne de précaution

Avant de placer un euro en crowdfunding, vous devez disposer d’une épargne de précaution équivalente à 3 à 6 mois de dépenses courantes, logée sur un livret réglementé ou un fonds euros disponible. Cette épargne est intouchable et destinée aux imprévus (perte d’emploi, dépense exceptionnelle, urgence familiale). Le crowdfunding immobilier ne remplace pas l’épargne de précaution, il en est l’antithèse : votre argent y est immobilisé.

Étape 2 : définir un objectif et une enveloppe

Quantifiez le montant que vous êtes prêt à perdre intégralement sans bouleverser votre vie financière. Une règle empirique souvent citée par les conseillers indépendants : ne pas affecter au crowdfunding plus de 5 à 10 % de votre patrimoine financier total. Pour un débutant avec 100 000 euros de patrimoine, l’enveloppe initiale recommandée se situe entre 5 000 et 10 000 euros.

Définissez aussi votre horizon : visez-vous un complément de revenu à 3 ans, une diversification long terme, un test exploratoire ? Cet horizon conditionne votre sélection (durées des projets, plateformes).

Étape 3 : choisir 2 ou 3 plateformes agréées PSFP

Multiplier les plateformes est une bonne pratique de diversification, mais 2 à 3 suffisent pour démarrer. Au-delà, la gestion devient chronophage. Privilégiez celles qui publient leurs statistiques de défaut et retards de manière transparente, qui proposent un ticket d’entrée compatible avec votre enveloppe, et dont l’interface vous semble claire.

Procédure d’inscription standardisée : création de compte, vérification d’identité (KYC obligatoire), test de connaissance des risques, déclaration de patrimoine et de revenus. Comptez 24 à 72 heures pour une validation complète.

Étape 4 : effectuer votre due diligence sur chaque projet

Avant de souscrire à une offre, lisez intégralement la Fiche d’Informations Clés sur l’Investissement (FIC). Concentrez votre attention sur les éléments suivants :

  • l’identité et l’historique du promoteur (combien d’opérations livrées, ratio de succès, ancienneté) ;
  • le ratio de fonds propres apportés par le promoteur sur l’opération (un promoteur qui n’apporte presque rien est plus risqué) ;
  • la pré-commercialisation des lots (un programme déjà pré-vendu à 50 % avant la mise en marché est moins risqué qu’un projet sans pré-réservation) ;
  • les garanties offertes (caution personnelle du promoteur, hypothèque, garantie financière d’achèvement) ;
  • le marché local et les comparables de prix ;
  • la durée prévisionnelle et la marge de manœuvre en cas de retard.

Ne souscrivez jamais à une offre sans avoir compris l’ensemble de ces points.

Étape 5 : diversifier dès le départ

Si votre enveloppe initiale est de 6 000 euros et que vous souscrivez 6 projets à 1 000 euros, vous concentrez 16,7 % de votre capital sur chaque projet. C’est insuffisant. Une bonne pratique consiste à viser au minimum 15 à 20 projets différents, ce qui implique soit un capital initial plus élevé, soit des tickets unitaires plus bas (Bricks, Wiseed). Diversifiez également :

  • sur 2 à 3 plateformes ;
  • sur plusieurs promoteurs (jamais plus de 2 projets simultanés avec le même promoteur) ;
  • sur plusieurs zones géographiques (Paris, Lyon, régions, métropoles secondaires) ;
  • sur plusieurs typologies (résidentiel neuf, réhabilitation, marchand de biens).

7 critères pour sélectionner un projet immobilier

Une fois la plateforme choisie, la sélection projet par projet conditionne 80 % de votre performance. Voici les sept critères à examiner systématiquement.

1. La qualité du promoteur. Privilégiez les opérateurs ayant déjà livré plusieurs opérations sans incident majeur. Vérifiez leur historique sur la plateforme et, idéalement, sur d’autres plateformes. Un promoteur qui multiplie les levées simultanées sur plusieurs plateformes peut être en tension de trésorerie.

2. Le ratio de fonds propres. Le promoteur doit apporter une part substantielle de fonds propres sur l’opération (idéalement 15 à 25 %). Plus ce ratio est faible, plus le projet repose sur le financement participatif et la pré-commercialisation, donc plus le risque est concentré.

3. La pré-commercialisation. Un programme déjà pré-vendu à 30 % ou plus avant la mise en marché présente un risque commercial considérablement réduit. À l’inverse, un projet sans pré-réservation dans un marché tendu doit éveiller votre vigilance.

4. Les garanties. Examinez les garanties accordées aux obligataires : caution personnelle du dirigeant, hypothèque de premier rang ou de second rang, GAPD (Garantie d’Achèvement par Délégation), nantissement de parts sociales. Toutes les garanties n’ont pas la même valeur en cas de défaut.

5. Le marché local. Vérifiez les comparables de prix dans la zone. Si le prix de vente prévu par le promoteur est supérieur de 15 % à la médiane locale observée sur les transactions récentes, le risque commercial est élevé. Les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) sont accessibles gratuitement.

6. La durée et la marge. Un projet de 24 mois est mieux dimensionné qu’un projet annoncé à 12 mois sans marge. Examinez le calendrier prévisionnel et la marge de manœuvre intégrée. Les projets sans marge sont plus exposés aux prorogations.

7. Le rendement vs le risque. Un rendement cible de 12 % à 24 mois sur un projet de marchand de biens en région bien sécurisé n’a pas le même profil de risque qu’un rendement cible identique sur un programme neuf en métropole sans pré-commercialisation. Méfiez-vous des rendements anormalement élevés : ils traduisent un risque sous-jacent supérieur, pas une opportunité miraculeuse.

Fiscalité du crowdfunding immobilier : PFU, option barème et IFI

La fiscalité conditionne directement votre rendement net. Trois sujets à maîtriser.

Le PFU 30 % par défaut. Les intérêts perçus sur les obligations sont des revenus de capitaux mobiliers soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). La plateforme prélève généralement le PFU directement au versement des intérêts. Vous percevez donc le montant net sur votre compte courant. La plateforme émet un IFU (Imprimé Fiscal Unique) annuel récapitulatif transmis à l’administration et à vous.

L’option pour le barème progressif. Si votre Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 11 % ou inférieur, l’option pour le barème progressif (case 2OP du formulaire 2042) peut être avantageuse. Elle s’exerce globalement pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année. Cette option permet aussi de bénéficier de la déductibilité de la CSG (6,8 %). Référence officielle : impôts.gouv.fr particulier PFU.

L’IFI et le crowdfunding immobilier. L’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) frappe les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d’euros au 1er janvier. En principe, les obligations émises par un promoteur immobilier ne sont pas considérées comme des biens immobiliers au sens de l’IFI : ce sont des créances. Mais attention, si vous détenez plus de 10 % du capital d’une société dont l’actif est principalement immobilier, une fraction peut être réintégrée dans votre assiette IFI. Les obligations classiques restent généralement hors champ. Référence : BOFIP IFI.

Les pertes en capital. Mauvaise nouvelle : les pertes subies en crowdfunding immobilier (capital non remboursé) ne sont pas déductibles de votre revenu global. Elles peuvent en revanche être déclarées au titre des moins-values sur valeurs mobilières, à condition que le défaut soit définitivement constaté. Cette déclaration se fait en case 3VH. Conservez précieusement tous les justificatifs.

Les erreurs classiques des débutants à éviter

Voici les écueils les plus fréquents observés chez les nouveaux investisseurs.

Ne pas diversifier. Concentrer 30 ou 50 % de son capital sur un seul projet, parce qu’il semble particulièrement attractif, est l’erreur numéro 1. Un défaut sur ce projet pénalise massivement votre performance globale. Toujours appliquer la règle des 5 % maximum par projet.

Sur-allouer dès le départ. Engager 50 000 euros sur six mois alors que vous découvrez l’univers du crowdfunding est imprudent. Démarrez avec 5 000 à 10 000 euros, prenez 12 à 18 mois pour observer comment se comportent vos premiers projets, et augmentez progressivement votre allocation si l’expérience confirme votre tolérance au risque.

Ignorer la durée et l’illiquidité. Investir un capital dont vous pourriez avoir besoin dans 12 mois est une erreur grave. Le crowdfunding immobilier suppose une immobilisation effective de 18 à 36 mois en intégrant les retards possibles. Ne placez ici que de l’argent réellement disponible sur cet horizon.

Choisir uniquement sur le rendement affiché. Le rendement cible le plus élevé n’est pas le meilleur. Un projet à 12 % avec un promoteur fragile et sans pré-commercialisation est moins intéressant qu’un projet à 8 % bien sécurisé. Toujours pondérer le rendement par la qualité du dossier.

Négliger la due diligence. Souscrire sans lire la FIC, sans vérifier l’historique du promoteur, sans examiner les garanties, c’est jouer aux dés. Consacrez 20 à 30 minutes minimum à chaque dossier avant de souscrire.

Confondre l’agrément PSFP avec une garantie publique. Le statut PSFP certifie la conformité de la plateforme, pas la qualité des projets ni la solvabilité des promoteurs. Le risque de perte en capital reste entièrement sur l’investisseur.

Réinvestir trop vite. Lorsqu’un projet rembourse, la tentation est forte de réinvestir immédiatement la totalité sur un nouveau projet. Prenez le temps d’évaluer si votre allocation globale reste cohérente avec vos objectifs et votre situation patrimoniale.

Sources et références officielles

Note de la rédaction : cet article est strictement informatif. Investir en crowdfunding immobilier comporte un risque de perte partielle ou totale du capital. Avant tout investissement, consultez un conseiller en investissement agréé par l’AMF. Vérifiez systématiquement l’agrément PSFP des plateformes sur le registre AMF.

Questions fréquentes

Combien faut-il pour débuter en crowdfunding immobilier ?
Les plateformes agréées PSFP proposent des tickets d'entrée variables. Bricks démarre à 10 euros par fraction, ClubFunding à 500 euros, Homunity, Anaxago, Raizers et Wiseed à 1 000 euros par souscription. Pour une diversification correcte (10 à 20 projets minimum), prévoyez un capital initial de 5 000 à 10 000 euros. Le règlement UE 2020/1503 plafonne par ailleurs les non avertis à 1 000 euros par offre ou 5 % du patrimoine net.
Quel est le rendement réaliste du crowdfunding immobilier en 2026 ?
Les rendements cibles affichés par les plateformes oscillent entre 8 et 12 % par an, avec une moyenne sectorielle autour de 8 à 9 %. Ces taux sont des objectifs, pas des garanties. Le TRI net réalisé dépend du taux de défaut, des retards et de la fiscalité (PFU 30 %). Données baromètre Financement Participatif France.
Le crowdfunding immobilier est-il garanti par l'État ?
Non. Contrairement au Livret A ou aux dépôts bancaires (garantis jusqu'à 100 000 euros par le Fonds de Garantie des Dépôts), le crowdfunding immobilier ne bénéficie d'aucune garantie publique. L'agrément PSFP certifie uniquement la conformité réglementaire de la plateforme. Vous pouvez perdre tout ou partie de votre capital en cas de défaut promoteur. Voir notre décodage du règlement PSFP.
Combien de temps mon argent est-il bloqué ?
La durée standard d'un projet de crowdfunding immobilier est de 12 à 24 mois. Mais 30 à 40 % des projets connaissent des retards de 6 à 12 mois selon les baromètres sectoriels. Le marché secondaire reste très limité sur la plupart des plateformes : considérez votre investissement comme illiquide jusqu'à l'échéance. Pour comprendre les retards et prorogations, voir notre guide diversification crowdlending dont les principes s'appliquent aussi à l'immobilier.
Faut-il déclarer mes gains en crowdfunding immobilier aux impôts ?
Oui. Les intérêts perçus sur les obligations sont des revenus de capitaux mobiliers soumis au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). L'option pour le barème progressif (case 2OP) reste possible si votre TMI est inférieur à 12,8 %. Les plateformes PSFP émettent un IFU annuel. Voir la fiche service-public.fr financement participatif.
Le crowdfunding immobilier entre-t-il dans l'assiette IFI ?
En principe non, lorsque l'investissement prend la forme d'obligations émises par une société commerciale (le promoteur). Les créances obligataires ne sont pas considérées comme des biens immobiliers au sens de l'IFI. Attention toutefois : si la société émettrice détient à titre principal des actifs immobiliers et que vous détenez une participation significative, une partie peut être réintégrée. Référence BOFIP IFI.

Manon Lemaire

Rédactrice spécialisée investissement participatif

Manon Lemaire rédige les analyses de Crowdialogue sur le financement participatif : crowdfunding immobilier, prêt rémunéré, royalties, risques et fiscalité. Elle s'appuie sur la réglementation AMF/PSFP et les données publiques des plateformes pour décrypter les offres sans conseil en investissement.

Information éditoriale. Crowdialogue est un média indépendant. Nous n'exerçons pas d'activité de conseil en investissement et ne distribuons pas de produits financiers. Les informations publiées ont une valeur strictement informative. Avant tout investissement, consultez un conseiller agréé par l'AMF (Autorité des marchés financiers) ou l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).

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